"Tout commence..."

 

"Tu devrais écrire tout ça…
Avoir beaucoup voyagé vous expose à raconter. On comprend vite que les amis aiment les récits de voyage quand on les raconte autour d’un verre. J’ai beaucoup noté des événements marquants, parfois dramatiques, souvent comiques saisis au coin de la rue ou à l’autre bout du monde. J’ai aussi dessiné dans de petits carnets pendant des années. J’ai repris ces notes et je les ai figées sur le papier et... paf ! La couleur s’est envolée pour ne laisser qu’une bouillie insipide et barbante. Alors, J’ai repris mes carnets, esquissé des personnages grâce à mes rencontres ici et ailleurs. J’ai mis des histoires dans ces petits riens notés au fil du temps ; mais tout ça ne faisait pas un récit. C’est comme ça qu’on devient fabricant de fiction. On applique une belle couche de souvenirs, on saupoudre de situations vécues joliment modifiées. On jette là-dedans quelques personnages crées de bric et de broc, mélanges plus ou moins inspirés de vraies personnes. On ajoute un peu d’imagination. On mélange bien. Le tout prend forme assez rapidement. Cela donne des trucs qu’on peut lire à la rigueur, ça ne fait pas un roman et, au final c’est bien moins vivant que les souvenirs racontés autour d’un verre. On découvre alors que c’est plus difficile que ce qu’on avait imaginé, parce qu’une fois que tout est là sur la table de travail, tout commence.