Romans

Ils étaient trois (Bientôt)

Combien sont ils? Cent-cinquante ? Deux-cents? Eladio fut surpris paar la petite foule réunie devant les grilles du cimetière. Il n'iimaginait pas que tant de personnes se souviendraient de son ami pour assister à son dernier voyage. Il a essayé, sans y pervenir, de reconnaitre quelques visages parmi les plus vieux. Eladio n'a jamais été un grand physionomiste et ça ne s'arrange pas avec l'âge.  Un des petits vieux lui a fait un signe discret et il lui a souri en retour. Ce vieux compagnon pourrait peut-être raconter la dernière partie de leur histoire si sa mémoire fonctionne aussi bien que la sienne, ce dont Eladio doute. Il se souvient peut être encore de quelques fragments du reste, très peu en fin de compte. Tous les autres ne savent rien. Ils sont trop jeunes, ignorants, mais surtout pas intéressés par ces vieilles histoires recouvertes par la poussière de l'oubli depuis plus d'un demi-siècle. Ils n'ont pas parlé. Manuel a gardé le silence jusqu'à la fin, Bixente avait fait de même et lui, oui lui, n'en n'a jamais eu le courage

Au-delà de Suez

Les chemins de Lucile Soorts et Tristan Verneix n’auraient jamais dû se croiser, mais le hasard en a décidé autrement. Pourquoi ces deux êtres solitaires et secrets ont-ils tout quitté, déterminés à disparaître et éviter qu’on retrouve leur trace ? Leur rencontre improbable et leurs secrets partagés feront peut être naître une complicité inattendue qui les entraînera plus loin que les raisons de leurs fuites respectives. De New York à Paris, de Bruxelles à Kuala Lumpur, de Marseille à Odessa, d’Ismaïlia à Louxor et de Brindisi à Luang Prabang, les deux fugitifs vont trouver ce que rien dans leurs parcours solitaires ne les préparait à découvrir : leur part d’humanité

Le cuisinier de Port-Shannon

Péninsule Antarctique, 1995. Prenez un ornithologue néo-zélandais, une glaciologue américaine, un capitaine de brise-glace finlandais, une astrophysicienne italienne, un vieux lord écossais, un historien argentin, un commandant de navire russe et un ancien commissaire politique soviétique reconverti dans le capitalisme. Secouez-les modérément pendant deux jours. Enfermez le tout deux jours supplémentaires dans une station polaire, juste le temps de relever ceux qui y ont passé l’été. Deux jours avant que la nuit de l’hiver polaire ne recouvre le continent d’une obscurité sans fin. Observez alors ces personnages qui n’avaient aucune chance de se rencontrer puisque, a priori, ils n’ont rien en commun et ne se connaissent pas. Et pourtant …

Eurydice ne veut pas

Beyrouth, été 1982. Un jeune officier de marine marchande est rappelé par la marine pour participer à l'évacuation des derniers civils pris au piège de Beyrouth encerclé. Il ignore qu’il est l'instrument d’une vengeance sourde. Jeté dans un Beyrouth en guerre où l’on ne sait pas qui tire sur qui, il va croiser d’autres hommes perdus comme lui dans cette ville au bord de la folie. Un sniper palestinien qui s'interroge sur le sens de son combat, un journaliste égoïste et exalté et quelques hommes des services secrets en mission. Il croisera aussi quelques femmes résolues et souvent admirables qui errent, telles des Eurydice, sans savoir que leur Orphée les cherche pour les sauver alors que chaque heure qui passe dissout les frontières de la lâcheté et du courage dans une ville qui glisse inexorablement vers un massacre. Mais voilà, il arrive parfois qu’Eurydice ne veuille pas être sauvée

L'Atlas et la Révolte

J’ai tout perdu. L’odeur de centres froides et d’eau stagnante sont tout ce qu’il reste de cet appartement. Le petit jour a dévoilé des murs noircis, des fenêtres arrachées aux montants de bois tordus par la violence du feu. J’avais peu de souvenirs. Sauf… Sauf quatre classeurs contenant les centaines de négatifs de mon travail de photographe. Tous les petits fragments d’humanité ramassés sur la pellicule n’étaient plus qu’un mille-feuille de celluloïd fondu et de cendres humides. Dans un geste de défi, j’ai acheté un cahier et j’ai écrit sur la première page les noms de deux endroits où j’ai croisé l’humanité tout entière. Puisque j’avais perdu les images, j’allais remplacer les cristaux d’argent sur la pellicule par des traces d’encre sur du papier en espérant que celui-ci ne brûlerait pas à son tour, ce qui serait le signe que l’humanité ne veut pas se laisser attraper, ni par un photographe débutant, ni par un écrivain de troisième ordre.

Marcello Buzzotti

Pour devenir chanteur de charme, passe encore. Pour "faire écrivain", à la rigueur ! Mais porter un tel nom et aspirer à un poste d'envergure dans un grand groupe international : "hors de question !". Pour Marcello Buzzotti, être employé par Silvermann, l'un des grandes multinationales qui "font et défont" les entreprises, est une véritable consécration. Marcello va découvrir que la faune des grands groupes internationaux est un réservoir sans fond de personnages qui sont autant de caricatures, bien loin de l'image policée que produisent les communications du monde "corporate".

Entre Frères

1974. Que reste-t-il en commun à cinq amis d’enfance sournoisement séparés par la trentaine? Un photographe qui vivote dans l’informatique naissante, un guide touristique, un prêtre qui a trouvé dieu après un chagrin d’amour, un rugbyman solide au dehors fragile en dedans et une jolie femme mal mariée. Cinq amis ordinaires dans une France qui ne jure que par la «modernité». On pourrait en sourire, mais nous sommes au pays Basque et la lutte indépendantiste va aspirer ce groupe de seconds couteaux, qui croient vivre leur cause comme une ultime aventure romantique. Une photo prise par hasard va déclencher une mécanique implacable dans laquelle ils laisseront leurs dernières illusions. Face à eux, Un tueur à gages démotivé, une terroriste que seule la vengeance tient en vie, un vieux garagiste italien, une femme officier des services secrets, quelques petits vieux survivants d'autres guerres et un haut fonctionnaire revenu de tout. Ce roman qui pourrait se passer dix ans plus tard en Irlande, vingt ans plus tard en Bosnie, aujourd´hui au Kurdistan, est aussi celui de l’attachement à une terre, attachement dévoyé par la lutte politique au service d’ambitions indifférentes à ceux qui se sacrifient pour elles.